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Le capital intellectuel des PME
jeudi 7 septembre 2006 à 15:00
Catégorie(s):
:: Knowledge Management
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Un groupe d’experts de la Commission Européenne vient de publier une étude (RICARDIS) : « Reporting intellectual capital to augment Research, Development and Innovation in SMEs » (Faire rapport de son capital intellectuel pour promouvoir la recherche, le développement et l'innovation dans les PME) qui, comme son titre l’indique, explique que les PME fortement impliquées dans la recherche et le développement auraient tout intérêt à mettre en valeur dans leurs rapports annuels le capital intellectuel dont elles disposent.
Plus de détails, sources et liens dans la suite …
Le capital intellectuel est défini comme : «la combinaison des ressources humaines, organisationnelles et relationnelles et des activités d'une organisation. Il inclut les connaissances, les compétences, les expériences et les capacités de ses employés, ses activités de recherche et développement (R&D), ses routines organisationnelles, ses procédures, systèmes, bases de données et ses droits de propriété intellectuelle, ainsi que toutes les ressources liées aux relations extérieures, telles les clients, les fournisseurs et les partenaires de R&D». Il ne s’agit donc pas ici de restreindre le capital intellectuel au savoir développé et nécessaire en R&D, mais bel et bien de prendre en compte l’ensemble des éléments habituellement intégrés dans une démarche de knowledge management, c'est-à-dire tous les savoir-faire et les connaissances, qu’ils soient techniques, managériaux, organisationnels, etc. et que ces informations et connaissances concernent l’environnement interne ou externe de l’entreprise.
Dans ce rapport, les experts présentent des recommandations sur la manière dont la Commission Européenne peut aider les Etats de la communauté à encourager les PME à formuler et divulguer ce type d'informations. En effet, lors d’une recherche de financement, les PME ne parlent que très rarement de leurs ressources et capacités immatérielles. Il est pourtant maintenant bel et bien établi que la connaissance est un des facteurs, si ce n’est le facteur, le plus important pour la création de valeur.
Comme est indiqué dans l’article de Cordis résumant ce rapport, cette démarche «aurait deux fonctions. Premièrement, elle peut servir d'outil de navigation interne pour faciliter le développement et la répartition des ressources - définir des stratégies, des objectifs prioritaires, contrôler le développement des résultats de la PME et ainsi faciliter la prise de décision. Deuxièmement, la déclaration permettra aux PME d'améliorer leur communication avec les parties prenantes et, partant, d'attirer des ressources financières et humaines et de développer leurs relations. »
A l’heure actuelle, seuls quelques pays européens ont essayé de faire inclure ce type d'informations dans les rapports annuels des sociétés : en Allemagne, au Danemark ou en Autriche par exemple. Dans ce dernier, le « reporting » du capital intellectuel étant même désormais obligatoire pour toutes les Universités. Au niveau international, les gouvernements australien et japonais par exemple, ont essayé de développer un ensemble de lignes directrices et de normes communes applicables au « reporting » du capital intellectuel. Prenant l’exemple du Japon et de l’Australie, ce rapport RICARDIS appelle l'Europe à agir rapidement pour encourager l'adoption de cette démarche par les PME et à « développer des normes globales pour ce type d'informations ».
Dans le rapport sont proposées à la Commission Européenne diverses recommandations pour améliorer l'identification, l'évaluation et le « reporting » du capital intellectuel, dont voici ci-dessous les principales (traduction issue de l'article de Cordis) :
- établir une « task-force » européenne d'adoption pour superviser et faciliter le développement du « reporting » et de la gestion du capital intellectuel dans les PME à forte intensité de recherche et servir de plate-forme d'apprentissage
- élaborer un guide pratique sur le « reporting » du capital intellectuel pour les PME à forte intensité de recherche, les banques, les investisseurs et les « infomédiaires » (Nda : les infomédiaires sont des intermédiaires en informations, par exemple des fournisseurs d’information sous forme de liens vers des contenus qui ne leur appartiennent pas et qui ne se trouvent pas dans leurs propres sites).
- utiliser le « reporting » du capital intellectuel comme critère pour obtenir le soutien du public
- utiliser le « reporting » du capital intellectuel comme outil pour les agences gouvernementales
- entreprendre des recherches sur la dynamique des nouveaux modèles d'entreprise et l'importance du capital intellectuel
- former un groupe directeur international de normalisation pour faciliter le développement d'une normalisation consensuelle de taxonomies, d'indicateurs et de déclarations de capital intellectuel pour les PME à forte intensité de recherche et faciliter le développement de normes
- encourager les banques à mettre au point de nouvelles formes de financement pour les PME dont l'activité est basée sur la recherche.
Si on comprend bien l’intérêt d’une telle démarche en interne, pour que chaque PME soit incitée à faire le bilan de leur capital intellectuel et s’en serve pour leur développement et pour innover, la publication de ce bilan de manière publique poserait tout de même de sérieux problèmes en termes de sécurité. En effet, ces informations font parties des plus difficiles à obtenir sur une entreprise, et livrer sur un plateau à ses concurrents des données aussi stratégiques n’est sûrement pas la meilleure chose à faire. Sans parler de la désinformation qui pourrait être faite par la divulgation de données volontairement ou involontairement erronées. Une affaire à suivre …
Source et liens:
- Article "Un rapport met en lumière les bénéfices du reporting sur le capital intellectuel pour les PME" résumant le rapport RICARDIS sur le site Cordis
- Télécharger le rapport RICARDIS (pdf) sur le site Eurosfaire
- Article de Daniel C.Ranson sur KnowledgeBoard sur l'importance du knowledge management pour les PME (pdf) (Nda: je reviendrai sur cet article très prochainement).
Tags: gestion des connaissances
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