L'Insee et le Sessi (Service des études et des statistiques industrielles) réalisaient en 2005 une enquête sur les "moyens et modes de gestion de l’immatériel" auprès de 20 000 entreprises et groupes d'entreprises dans les secteurs de l’industrie, du commerce, des services, de la construction et des transports.
Cette enquête avait pour objectif de cerner les politiques de l’immatériel des entreprises dans quatre grands domaines: l'innovation, la communication, la R&D et la protection de la propriété intellectuelle. Par cerner, il faut entendre la quantification des politiques menées, leurs justifications, les effets perçus et l'estimation des moyens budgétaires et humains mis en oeuvre.

Les résultats de cette études sont résumés dans la publication "Le 4 Pages" de mai 2006 du Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.
Parmi les informations apportées par cette étude j'en ai relevé deux qui m'ont plus particulièrement paru importantes:

  • la moitié des groupes ou sociétés n’appartenant pas à un groupe ont mis en place une gestion explicite d’au moins une composante immatérielle de leur activité (parmi les 4 domaines choisis cités plus haut) ... ce qui est une bonne nouvelle ... sauf que cela veut aussi dire qu'une entreprise (ou groupe d'entreprise) sur deux n'a pas mis en place de gestion explicite de ces composantes immatérielles ! Cela devient encore plus "gênant" pour les TPE (très petites entreprises) lorsqu'on apprend également que ce sont surtout les grandes entreprises qui se préoccupent de la protection de leur propriété intellectuelle. Certes toutes les TPE n'ont pas forcément besoin, en fonction de leur activité, de recourir à une protection poussée de leur propriété intellectuelle, l'ensemble des TPE devraient tout de même plus se préocuper de ces questions. En effet, le dépôt de brevet par exemple ne permet pas que de s'assurer de l'exploitation du produit breveté, il permet également de dissuader les concurrents de réaliser des imitations et peut améliorer la position de l’entreprise pour l'obtention de partenariats. Or les TPE ont justement tout intérêt pour lutter contre la concurrence liée à la mondialisation (dont elles n'ont d'ailleurs pas toujours, bien au contraire, connaissance) de nouer des partenariats et de s'organiser en clusters.

  • les entreprises qui s’engagent dans la R&D le font d’abord par volonté de s'assurer une bonne réputation "avant même le besoin de maintenir un rythme d’innovation élevé ou d’acquérir de nouvelles compétences en raison de mutations techniques" ! Ceci rejoint finalement dans une certaine mesure ce qui était proposé dans ce billet, c'est à dire que la divulgation du capital intellectuel dans les rapports annuels peut apporter des avantages indéniables aux entreprises, notamment pour l'obtention de partenariats. S'engager en R&D est en effet le reflet d'un capital intellectuel croissant.


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