Une enquête du CCR (Centre Commun de Recherche) de l'Union Européenne (UE) sur près de 450 entreprises européennes dans dix secteurs différents suggère que les investissements des entreprises dans la recherche et développement (R&D) augmenteront de 5 pour cent par an au cours des trois prochaines années.
Janez Potocnik, commissaire européen aux sciences et à la recherche, précise au sujet de ces résultats que : «si nous voulons atteindre notre objectif consistant à investir 3 pour cent du PIB dans la recherche et développement, il faut que le secteur privé accroisse ses investissements ... C'est pourquoi (...ces résultats...) sont encourageants. Nous devons poursuivre et accentuer nos efforts aux niveaux européen et national pour faire de l'Europe une zone attractive incitant les entreprises à y effectuer leurs travaux de recherche. La Commission proposera d'autres idées dans ce domaine à l'automne 2006» (source Cordis).

Parmi les résultats de cette enquête, trois informations ont plus particulièrement attirées mon attention:

  • Alors que les pays de l'EU préfèrent investir en R&D dans leur propre pays (ce qui est un bonne nouvelle), lorsque ces derniers investissent hors EU ils le font par ordre de priorité aux Etats-Unis, en Inde et en Chine. Inde et Chine ... il y a de quoi réfléchir.
  • Les facteurs les plus importants affectant la décision d'investir en R&D sont: la demande du marché pour de nouveaux produits ou services, les opportunités technologiques, la réalisation de profits pour l'entreprise, la compétition entre entreprises européennes, la compétition par rapport aux entreprises chinoises et russes et la compétition par rapport aux entreprises américaines et japonaises (page 5 et 6 du rapport). L'investissement en R&D serait donc plus influencé par crainte des entreprises chinoises qu'américaines. Ceci va de pair avec le premier point ci-dessus, puisque les entreprises préférent investir en R&D aux Etats-Unis plutôt qu'en Chine ... c'est donc peut-être aussi, au delà des compétences disponibles respectivement dans ces pays, qu'elles doivent moins craindre la menace américaine que la menace chinoise.
  • La disponibilité en chercheurs n'est pas, même s'il est cité, un critère important influençant l'investissement en R&D, ainsi que le coût (main d'oeuvre) de ces chercheurs (figure 2 du rapport). Cependant, alors que la disponibilité en chercheurs a une influence positive sur l'investissement, le coût a lui une influence négative ! (figure 3 du rapport). Ceci signifie que, malgré que le coût des chercheurs ne soit pas cité comme un facteur influant fortement sur l'investissement en R&D, ce facteur n'est pas du tout insignifiant. On comprend alors pourquoi certaines entreprises peuvent trouver intéressant d'aller voir à l'étranger pour obtenir de la main d'oeuvre en R&D !


Source et liens: